La suppression des prestations de base dans une région périphérique et enclavée relève d’une méconnaissance profonde des réalités locales. Cette mesure va à l’encontre de la politique de développement des Pôles santé du canton ainsi que des principes du plan stratégique de santé publique 2024–2028 qui insiste sur l’équité dans l’accessibilité aux soins dans toutes les régions du canton. Les habitants de notre vallée se trouvent à plus d’une heure de voiture des hôpitaux de Rennaz et du CHUV dans des bonnes conditions de circulation, ce qui n’est pas le cas lors de la mauvaise saison et en cas de surcharge fréquentes de la route ou de travaux. Pour mémoire toutes les voies de communication, y compris aériennes, furent coupées en 1999 par l’ouragan Lothar, sans l’existence de l’hôpital dans la vallée, les conséquences auraient été dramatiques. L’évolution climatique nous expose à de nouvelles catastrophes de ce genre à l’image de celles survenues en Valais. Il est donc essentiel que notre Pôle Santé puisse continuer d’offrir aux habitants un accueil médical d’urgence qu’il puisse administrer les premiers soins car actuellement plus de 95% des urgences sont stabilisées sur site.
Au-delà de l’aspect sanitaire, les conséquences économiques d’un démantèlement hospitalier seraient immédiates et profondes. Avec près de 170 équivalents plein temps, le Pôle santé est le premier employeur du Pays-d’Enhaut. La suppression de postes serait dramatique sur le plan humain et provoquerait un ébranlement de l’économie locale. Elle entraînerait un affaiblissement de l’attractivité régionale sur les plans économiques et touristiques, une perte de compétences, et une réduction préoccupante des perspectives pour les jeunes de la région, au risque d’un exode rural. En effet, sans services publics de qualité, les familles partent, les entreprises hésitent à s’installer, et le tissu social se fragilise. Notre région est très prisée sur le plan touristique et nombreuses sont les personnes qui y séjournent durant l’année, fournissant un apport économique non négligeable. Ces personnes ne cachent pas que l’existence d’une structure hospitalière dans la vallée est déterminante dans leur choix d’y séjourner.
Le PSPE dépasse donc largement le cadre de la santé. Il touche à la cohésion territoriale, à la stabilité économique et à l’avenir même de notre région. Son adaptation, aujourd’hui en phase de financement, doit être soutenue. Il bénéficie d’un fort engagement des habitants de la vallée du Pays-d’Enhaut, avec environ 4 millions de francs de fonds publics et privés récoltés pour son lancement. La décision irresponsable du Conseil d’Etat annonçant une réduction du financement de 4,6 millions au moment où le projet prend forme est perçue comme une trahison par la population du Pays-d’Enhaut. Une telle décision serait un signal désastreux envoyé aux donateurs, aux investisseurs et à toute une région et risque de faire échouer le projet.
Le PLR déplore profondément cette politique budgétaire à court terme. Les économies réalisées, minimes à l’échelle cantonale, provoqueraient des conséquences locales dévastatrices. Le souci d’équité entre les régions du Canton doit être présent dans les décisions du Conseil d’Etat qui ne peut faire fi des spécificités territoriales. La garantie des besoins vitaux des habitants de régions décentralisées telles que La Vallée de Joux et le Pays-d’Enhaut a un coût supérieur à la moyenne du Canton, mais ils y ont droit au même titre que les citoyens vaudois. La solidarité n’est pas qu’un terme abstrait que l’on aime faire figurer dans les discours, c’est une réalité qui a un coût que nos gouvernants doivent assumer. Le Conseil d’État doit impérativement revoir sa position, garantir un financement adapté, et reconnaître le droit fondamental de chaque citoyenne et citoyen à un accès équitable aux soins, qu’il vive en ville ou en montagne. L’abandon de l’hôpital serait une rupture de confiance majeure entre l’Etat et les populations de montagne Nous remercions la direction du Pôle Santé et l’ensemble de son personnel pour leur engagement au quotidien. Avec les habitants du Pays-d’Enhaut, le PLR continuera à se battre pour maintenir une activité hospitalière adaptée à notre région. Nous appelons aussi toutes les Députées et tous les Députés vaudois attachés aux principes de l’équité et de la solidarité entre habitants de notre Canton à soutenir cette cause essentielle lors du vote budgétaire de cet automne. Défendre notre Pôle Santé, c’est défendre l’avenir du Pays-d’Enhaut.
Le Comité du Parti Libéral-Radical Pays-d’Enhaut